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La situation macroéconomique en Russie

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Qui di seguito il testo in francese della relazione del Prof. Sapir al seminario che si sta tenendo a Sotchi inerente la situazione macroeconomica in Russia.

Chers collègues,

Nous commençons la 48ème session du séminaire Franco-Russe. Mon exposé portera sur la situation macroéconomique de la Russie. Cette situation était caractérisée au premier semestre 2014 par le ralentissement de la croissance, qui avait commencé en 2012. Cette situation était caractérisée par le ralentissement très marqué de l’investissement, à la fois du fait de l’accomplissement des grands projets d’investissement menés par l’Etat (Jeux Olympiques, construction d’infrastructures, etc…) et en raison d’une politique tant financière que du crédit, qui était erronée. Mais, dans le même temps, on assistait à une hausse importante de l’investissement privé (+8%) et des Investissements Directs Etrangers. Ceci montre que le climat de l’investissement n’était pas mauvais en réalité à cette époque. Cependant, les effets de la politique financière ont été dominants. Ce sont ces effets qui ont provoqué le ralentissement de la croissance à partir de l’été 2012 et dans le cours de 2013.

Le ralentissement et ses causes.

Notre Institut a présenté au Président de la République ses conclusions en janvier 2014, qui ont été validé, mais qui ne se sont pas traduites dans les faits. Les décisions du Président de la République se sont heurtées à l’inertie bureaucratique et à l’opposition d’une partie de l’administration. La Banque Centrale de Russie (BCR) et le Ministère des Finances (MinFin) ont fait traîner le processus de sélection des projets. On a créé des commissions qui elles-mêmes font appel à des sous-commissions et des groupes d’experts. La volonté de l’administration, et en particulier du MinFin, de contrôler la totalité du processus aboutit en réalité à une situation de blocage. On cherche à imposer les règles budgétaires à des opérations qui ne sont pas budgétaires. De plus les sommes engagées sont très en deçà des nécessités. Des réunions au plus haut niveau ont eu lieu à nouveau en octobre et en novembre. Nous avions prévus cela. Mais pas ce qui s’est passé au mois de décembre.

Mais, il faut revenir à la politique financière menée par la BCR et le MinFin. Cette politique, en particulier celle de la BCR, est fortement critiquée. Mais cette politique est cohérente avec les décisions prises en 2013, comme celle de passer à un « ciblage d’inflation » (inflation targeting) et de laisser fluctuer le taux de change du rouble. Il n’y a donc pas de raisons de critiquer la présidente de la BCR (Mme Elvira Nabiulina). Elle ne fait qu’appliquer des décisions antérieures. Mme Nabiulina avait prévenu que ceci conduirait à de fortes fluctuations du taux de change. Des experts ont dit que ce n’étaient pas des facteurs monétaires qui étaient la cause principale de l’inflation en Russie. C’est là le point principal de critique avec la politique de la BCR et avec Nabiulina. La BCR (et Mme Nabiulina) se trompe quant à l’effet de la politique monétaire sur l’économie réelle en Russie. L’erreur tient à une surestimation des effets de la politique monétaire sur l’économie réelle.

Les sanctions et la crise spéculative de décembre 2014

Revenons à ce qui s’est passé en 1998. Nos réserves monétaires (en devises) étaient de 15 à 16 milliards de dollars, et les prix du pétrole étaient de 9,5 dollars par baril. La tentative de maintenir un taux de change fixe (à 6,5 roubles pour un dollar) était suicidaire. Au contraire, en 2014, quand le prix du pétrole a commencé à baisser (des 115 USD par baril à 60 USD), nous avons laissé le rouble se déprécier. Fin novembre la situation s’est tendu, et au début de décembre on a eu un effondrement spéculatif du Rouble, et ceci au moment où les réserves sont très élevées (400 milliards de dollars) et où la dette publique est très faible (9% du PIB). Si les exportations se sont contractées, les importations se sont contractées encore plus, et la situation de la balance commerciale est très bonne avec un excédent de 10 milliards de dollars par mois. Les sanctions prises par l’UE et les Etats-Unis ont eu un effet économique très réduit, mais les sanctions financières ont eu un effet disproportionné, en raison de la grande dépendance de certaines sociétés par rapport aux marchés financiers occidentaux. Les sociétés russes qui empruntent sur ces marchés sont en réalité des sociétés très efficaces économiquement, avec des taux des profits très élevés. Nous avons calculé qu’avant les sanctions les intérêts payés par ces grandes sociétés rapportaient environs 25 milliards de Dollars par an. L’effet des sanctions aura été de réduire d’un montant de 10 milliards par an. La décision a été prise désormais de financer largement ces entreprises sur une base russe.

L’impact du commerce international

Revenons à la question commerciale. Le commerce avec l’UE est asymétrique. La Russie vend des matières premières et des produits de première transformation et achète des produits manufacturés. La question se pose de l’effet des « anti-sanctions » que la Russie a prise. Ces mesures ont été prises sans accompagnement économique et sans préparation préalable. Elles ont induit un effet de hausse des prix supplémentaire en plus de celui engendré par la dépréciation du rouble. Ceci a engendré une sur-réaction de la BCR. Mais la hausse des taux n’a pratiquement pas d’effets sur l’inflation.

Il faut ici aussi préciser le processus budgétaire de la Russie. Le budget consolidé, tel qu’il est publié, est un document technique et non un document légal. Les sous-ensembles de ce budget consolidé sont des documents légaux. Il y a donc potentiellement des différences importantes entre ce qui est voté et ce qui est présenté comme le « budget consolidé » par le MinFin. Le lien a été fait entre la capacité du Rouble à devenir une monnaie de réserve et l’existence d’un budget en équilibre, voire en excédent. C’est ce qui se produit aujourd’hui. Or, on constate que l’effondrement du rouble à eu lieu dans une situation où il y a un excédent budgétaire et non un déficit. Mais il est vrai que la politique actuelle a mené à une situation où il n’y a pas de possibilité de croissance. Le MinFin considère qu’actuellement il n’y a pas de ressources supplémentaires disponibles en Russie pour la production. Donc, dans cette situation la menace d’inflation est forte. En réalité, ce constat est très contestable car des ressources existent. Mais ceci explique une large part de l’attitude absurde du MinFin et aussi de la BCR. Le MinFin s’oppose donc à l’engagement de nouvelles sommes pour l’économie (mais il accepte de sécuriser les paiements sociaux et les paiements de sécurité et de défense).

La question des prix du pétrole.

Revenons aux problèmes fondamentaux. Oui, la baisse du prix du pétrole a été importante, mais si on déprécie le rouble (et donc les coûts de production et de transport) le coût du pétrole d’équilibre est de 15 USD par baril (mais avec un taux de change très bas). La Russie peut parfaitement supporter un prix de 35 USD par baril. L’impact sera non pas sur la production mais sur le rythme d’investissement des compagnies pétrolières. Il est clair qu’il y a eu dans l’effondrement du rouble une forte dimension spéculative. Mais, cette dimension était à attendre. C’est le prix à payer pour des fonctionnements de marché dits « purs ». Les déséquilibres qui ont permis à cette spéculation de prendre place trouvent leur source dans des erreurs qui ont été faites tant à la BCR qu’au MinFin. Ce sont ces erreurs qu’il faut corriger.

Fonte: http://russeurope.hypotheses.org/3315

 

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